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En pratique, plusieurs conditions
minimum doivent être remplies pour qu’un programme de restauration
fonctionnelle des membres supérieurs soit envisagé :
- Le
patient doit avoir conservé au moins la possibilité de fléchir
activement le coude
- Il
doit pouvoir s’asseoir au fauteuil roulant
- Il
ne doit pas (ou plus) présenter d’escarres, ni de douleurs au
niveau des mains
- Les
articulations du membre supérieur ne doivent pas être trop enraidies
- Une
année au moins doit s’être écoulée depuis l’accident
En outre, le patient doit être très
motivé pour pouvoir coopérer activement à son programme de
restauration. Il existe en effet un paradoxe : bien qu’il soit
destiné finalement à augmenter son autonomie fonctionnelle, ce programme
va transitoirement faire perdre au patient tétraplégique toute
l’autonomie qu’il avait patiemment récupérée depuis son accident.
En effet, chaque opération chirurgicale est suivie d’abord par une
immobilisation du membre supérieur pendant 4 semaines, puis par une rééducation
pendant 2 mois environ. Comme le programme peut comporter jusqu’à trois
interventions par membre supérieur (une pour le coude, une pour
l’ouverture de la main, et une pour sa fermeture), il faut donc prévoir
jusqu’à 18 mois de perte relative d’autonomie. Les candidats à ce
programme doivent donc en être bien informés, à la fois par les médecins
et l’équipe des kinésithérapeutes et ergothérapeutes du centre de rééducation,
mais aussi en discutant avec
d’autres patients opérés dont le niveau neurologique est
comparable au leur. Ce dernier type d’information est habituellement le
plus efficace, puisque le candidat au programme peut ainsi apprécier sur
d’autres tétraplégiques l’amélioration fonctionnelle à laquelle il
peut lui-même prétendre.
Un tel programme ne peut se concevoir
qu’en
centre de réadaptation hautement spécialisé, dans le cadre de
protocoles bien définis, avec des équipes parfaitement expérimentées
et entraînées, et avec des médecins spécialisés dans tous les aspects
de la pathologie des blessés médullaires (en particulier urinaires).
Par l'augmentation d'autonomie qu'elle
apporte, la restauration fonctionnelle des membres supérieurs n’est
elle-même qu’une étape d’un programme beaucoup plus général de réinsertion
du patient dans la vie.
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