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LES
SOLUTIONS CHIRURGICALES |
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solutions chirurgicales, parce qu’elles réalisent souvent des
gestes « définitifs », sont souvent proposées lorsque
l’état neurologique est stabilisé, c’est à dire au delà de
la première année.
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| LES
INCONTINENTATIONS |
| Toutes
les techniques d’incontinentation nécessitent de pouvoir mettre
en place un collecteur d’urines (étui pénien) et sont à éviter
en cas de rétraction pénienne importante. Elles s’adressent
exclusivement à l’homme, la femme n’étant pas appareillable en
cas d’incontinentation (port de couches..).
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| 1°) La sphinctérotomie |
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La
sphinctérotomie est une technique qui se pratique depuis de
nombreuses années chez les hommes tétraplégiques. Elle peut-être
proposée aux personnes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas réaliser
les sondages intermittents, quel que soit leur niveau neurologique.
Son principe est de diminuer les résistances urétrales à l’écoulement
des urines. L’hyperactivité vésicale permet ensuite une vidange
correcte des urines avec un régime de pression acceptable.
Techniquement,
le geste est simple. Il est réalisé par sous cystoscopie :
incision du sphincter urétral sur une longueur variable. Il
s’agit d’un geste définitif.
Les
complications immédiates sont rares et dominées par des
saignements parfois importants. Les complications tardives sont
dominées par le risque de resténose qui nécessite une réintervention.
La sphinctérotomie peut modifier les possibilités d’érection et
d’éjaculation.
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| 2°) Les prothèses endo-urétrales |
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L’utilisation
des endoprothèses urétrales dans le traitement des vessies
neurologiques du blessé médullaire a été proposée en 1994.
Cette technique est en train de se développer en France mais peu
d’équipes la pratiquent pour le moment. Il s’agit d’une
alternative à la sphinctérotomie chirurgicale.
Le
principe est de ponter le sphincter
avec un petit « tube » baptisé « endoprothèse »
qui est placé dans l’urètre,
de façon à ce que la vessie puisse se vider correctement.
Il s’agit d’un geste simple, réalisé en consultation ou lors
d’une hospitalisation très courte.
L’utilisation
d’endoprothèses transitoires amovibles permet d’apprécier la
tolérance du patient ou permet de passer un cap en attendant une
chirurgie des membres supérieurs par exemple. Une endoprothèse définitive
peut être mise en place par la suite. Son ablation est plus
difficile.
Les
endoprothèses entraînent moins de complications que la sonde à
demeure et ont l’avantage d’être moins « définitives »
qui les sphinctérotomies.
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| LES
DÉRIVATIONS URINAIRES |
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| 1°) Les dérivations non continentes nécessitant
un appareillage : Bricker |
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Ces
techniques sont largement utilisées dans d’autres pathologies.
Elles sont proposées à des tétraplégiques pour lesquels aucune
autre solution n’est envisageable (par exemple, certaines femmes tétraplégiques),
ou en cas de complications urologiques. Elles mettent les reins à
l’abris de nombreuses complications. Elles sont bien tolérées
mais modifient l’image du corps, ce qui rend parfois leur
acceptation difficile. Ce type d’intervention nécessite une
information préalable soigneuse. Rencontrer d’autres personnes
ayant bénéficié de ce type de chirurgie est utile avant de
prendre la décision.
L’intervention
la plus utilisée est l’intervention de Bricker : les uretères
sont dérivés à leur arrivée dans la vessie et réimplantés dans
un petit réservoir fabriqué par le chirurgien avec un morceau de
tube digestif. Ce réservoir est lui même dérivé à la peau par l ‘intermédiaire
d’un orifice non continent. Les urines s’écoulent sans obstacle
à travers cet orifice et sont recueillies dans une poche
collectrice collée à la peau.
Le changement de la poche est réalisé par une infirmière
tous les jours. La poche peut être vidangée plusieurs fois par
jour.
Cette
chirurgie est compatible avec une grossesse ultérieure, à
condition que l’équipe de la maternité d’accueil ait un
urologue sur place en cas de césarienne.
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| 2°) Les dérivations continentes : le
principe de Mitrofanoff |
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Les
dérivations continentes sont utilisées depuis longtemps dans les
troubles vésico-sphinctériens d’origine neurologique congénitaux
(spina-bifida). Elles sont actuellement de plus en plus souvent
proposées aux blessés médullaires.
Le
principe est de créer un conduit entre la vessie et la peau,
conduit qui sera sondé à l’aide d’une sonde identique à celle
utilisée pour les sondages intermittents. Ce conduit est continent
(pas de fuites en dehors des sondages), il n’y a donc pas de
poche. Son orifice cutané est placé soit dans la fosse iliaque
droite (voir photo), soit au niveau de l’ombilic.
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Cette technique n’est généralement pas indiquée chez
l’homme tétraplégique qui, si il peut s’auto-sonder, se
sondera aussi bien par les voies naturelles que par l’intermédiaire
de ce dispositif.
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Elle est intéressante avant tout chez la femme tétraplégique
parce qu’elle facilite beaucoup la pratique de l’auto-sondage et
évite les transferts : les femmes tétraplégiques basses
(C7/C8) en bénéficient avantageusement lorsqu’elles n’arrivent
pas à se sonder au fauteuil. Pour les femmes de niveau C6/C7, la
chirurgie fonctionnelle des membres supérieurs qui améliore les préhensions
peut permettre de s’auto-sonder à travers une stomie continente.
Cette
chirurgie est compatible avec une grossesse ultérieure.
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| LES
AGRANDISSEMENTS DE VESSIE |
| Ces
interventions sont proposées lorsque la vessie est petite et scléreuse
ou dans certains cas d’hyperactivité vésicale non contrôlée
par les traitements médicaux (fuites persistantes). Elles nécessitent
de poursuivre les sondages intermittents. Elles visent à protéger
les reins et à restaurer la continence en augmentant la capacité vésicale.
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| 1°) Les entérocystoplasties |
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Les
entérocystoplasties utilisant de l’iléon (intestin grêle) sont
les plus couramment utilisées. Le principe est de remplacer une
partie de la vessie par un morceau de tube digestif qui a
l’avantage de ne pas être aussi « contractile ». Les
résultats sur la capacité vésicale et sur les fuites sont
excellents. Les sondages intermittents doivent être poursuivis.
Cette chirurgie est également compatible avec une grossesse.
Ces
techniques s’adressent à des personnes tétraplégiques pouvant
s’auto-sonder.
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| 2°) Les gestes associés aux
agrandissements de vessie |
| Des
résistances urétrales trop basses (sphincter faible) nécessitent
un geste associé sur la filière urétrale pour assurer la
continence. Chez la femme, la mise en place d’une bandelette sous
urétrale peut être proposée. Chez l’homme la mise en place
d’un sphincter artificiel est la meilleure solution.
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| LES
INTERVENTIONS DE NEURO-UROLOGIE : LES TECHNIQUES DE STIMULATION ÉLECTRIQUE |
| La technique de Brindley : |
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Le
premier simulateur de ce type a été implanté chez l’homme en
1978. La technique est maintenant dominée par plusieurs équipes
internationales et plusieurs centaines de patients ont été implantés
dans le monde depuis cette date. Plusieurs équipes françaises la
pratiquent très régulièrement.
Le
principe est d’implanter des électrodes sur les racines sacrées
antérieures S2-S3-S4 qui contrôlent la contraction du détrusor.
Simultanément est réalisée une section des racines postérieures
de S2 à S5 pour supprimer l’hyperactivité du détrusor. Les
cables qui mènent aux électrodes sont reliés à un bloc-receveur
qui est disposé dans une poche abdominale sous-cutanée (dans la région
sous ombilicale le plus souvent). Le stimulateur comprend deux
parties : une partie interne (le bloc receveur), implantée chez le
patient, et une partie externe qui sert de boitier de commande. La
stimulation se fait par voie percutanée.
Trois
types de stimulation sont utilisables : la première qui déclenche
la miction, la seconde qui facilité l’évacuation des selles et
la troisième qui permet l’érection chez l’homme.
Les
sondages ne sont plus nécessaires : la personne se stimule à
intervalles réguliers pour déclencher une miction qui peut se
faire sur les toilettes ou dans un collecteur d’urines.
Les
résultats de cette chirurgie sont intéressants : Plus de 90% de
bons ou de très bons résultats sur la continence, vidange complète
de la vessie chez 86% des patients, 70% d’érections utilisables,
50% d’amélioration du transit.
Cette
technique est définitive (section de racines). Si le bénéfice sur
le fonctionnement vésico-sphinctérien est indiscutable,
l’indication doit être soigneusement discutée avec le médecin.
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| LES
INJECTIONS DE TOXINE INTRA-DETRUSORIENNES |
| Ces techniques sont nouvelles et ne se pratiquent régulièrement
que depuis un an environ. Elles consistent en l’injection dans la
paroi de la vessie d’une substance qui diminue l’hyper-activité
du détrusor. Elles nécessitent la poursuite du sondage
intermittent. Elles sont proposées aux patients qui ont une vessie
très hyper-active, pour supprimer les fuites entre les sondages.
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| LA
CHIRURGIE DES COMPLICATIONS |
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| 1°) Complications uréthrales |
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Les
sténoses urétrales (rétrécissements de l’urèthre) intéressent
19% des patients après 5 ans de sondages intermittents en cas
d’utilisation de sondes sèches non autolubrifiantes.
L’incidence de ces complications semble moins importante avec les
sondes hydrophiles.
Ces
sténoses se manifestent par des difficultés rencontrées par le
patient à s’auto-sonder ou par des difficultés à uriner.
Le
traitement des ces sténoses peut faire appel à des dilatations
progressives à l’aide de sondes autolubrifiantes. Un traitement
chirurgical par voie
endoscopique est parfois nécessaire.
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| 2°) Lithiases |
| La formation de calculs vésicaux ou rénaux est une
complication fréquente des vessies neurologiques des blessés médullaires.
L’ablation de ces calculs fait appel le plus souvent à des
techniques de lithotriptie extra-corporelle. Certains calculs trop
volumineux rénaux ou vésicaux nécessitent une ablation par voie
chirurgicale, endoscopique ou percutanée. Ces techniques sont très
largement utilisées dans d’autres indications et ne posent aucun
problème. |
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| 3°) Reflux vésico-rénal |
| Le
traitement du reflux vésico-rénal
de la personne tétraplégique dépend de plusieurs facteurs. Un
reflux de bas grade sans retentissement rénal peut disparaître
lorsque l’on traite le régime à haute pression qui l’a généré.
Les reflux de haut grade, notamment lorsqu’il existe des anomalies
morphologiques de la zone d’abouchement de l’uretère dans la
vessie, relèvent d’un traitement chirurgical avec réimplantation
(et souvent agrandissement de vessie associé). Dans certains cas
particulièrement sévères, une dérivation urinaire sera proposée.
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Dr
Isabelle Laffont*, Dr Alain Cormerais**, Dr Célia Rech*, Pr Olivier
Dizien*
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Unité
de Médecine Physique et de Réadaptation, hôpital Raymond Poincaré,
92380 GARCHES ** CMPRF de Kerpape, 56275 Ploemeur Cedex
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