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LES TROUBLES
VÉSICO-SPHINCTÉRIENS |
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En cas de lésion médullaire, il existe toujours des
troubles vésico-sphinctériens plus ou moins importants qui nécessitent
un suivi et des bilans réguliers.
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| ANATOMIE
DE L'APPAREIL URINAIRE |
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De
façon très schématique, l’appareil vésico-sphinctérien se
compose des éléments suivants :
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la vessie : réservoir d’environ 500 ml dont la paroi
est musculaire (ce muscle se nomme le détrusor)
-
les uretères : ce sont les canaux qui relient les reins
à la vessie
-
l’urètre : c’est le canal d’évacuation de
l’urine
-
les sphincters : on distingue le sphincter externe
(celui qui est sous le contrôle de la volonté et permet de
« se retenir » en cas de besoin pressant) et le
sphincter interne |
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| FONCTIONNEMENT
DE L'APPAREIL VÉSICO-SPHINCTÉRIEN |
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L’appareil
vésico-sphinctérien est sous le contrôle du système nerveux, à
la fois le système nerveux végétatif (ou « autonome »,
qui n’est pas sous le contrôle de la volonté) et le système
nerveux somatique (sous le contrôle de la volonté).
Le
système nerveux végétatif, dont les centres sont situés dans la
moelle épinière, assure l’essentiel du fonctionnement de la
vessie et des sphincters. Ce contrôle s’effectue de façon réflexe.
Deux grands centres médullaires sont impliqués dans ce
fonctionnement :
-
un centre sympathique situé dans la moelle dorso-lombaire
-
un centre parasympathique situé dans la moelle sacrée
Schématiquement,
le système parasympathique sacré assure la contraction du détrusor,
alors que le système sympathique dorso-lombaire assure le
fonctionnement du sphincter interne de l’urètre et du col de la
vessie.
Lorsque
la moelle épinière n’est pas lésée, ce fonctionnement réflexe
de la miction est sous le contrôle du cerveau : perception
consciente de la sensation de besoin, déclenchement ou retardement
de la miction.
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| QUE
SE PASSE-T-IL EN CAS DE LÉSION MÉDULLAIRE ? |
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La lésion médullaire isole les centres médullaires de
contrôle de l’appareil vésico-sphinctérien des structures
sus-jacentes impliquées dans le contrôle des réflexes mictionnels
(tronc cérébral et cerveau). Selon le niveau et l’importance de
la lésion, les tableaux cliniques peuvent être très différents.
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a) En cas de tétraplégie,
les caractéristiques de la vessie sont les suivantes :
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Perte ou diminution de la sensation de besoin. Beaucoup de
patients ont des « équivalents de besoin » sous la
forme de manifestations sus-lésionnelles qui les avertissent de la
plénitude vésicale : frissons, horripilation, maux de tête,
rougeur du visage…..
-
Hyperactivité
vésicale :
cette hyperactivité vésicale correspond à des contractions de la
paroi de la vessie qui ne sont plus inhibées par les centres
supra-médullaires. Cette hyperactivité peut se traduire par des
fuites urinaires. Elle peut également être totalement
asymptomatique, ce qui la rend d’autant plus dangereuse.
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Dyssynergie
vésico-sphinctérienne :
il s’agit d’une disparition de la synchronisation entre la
contraction de la vessie et l’ouverture du sphincter. Normalement,
quand la vessie se contracte, le sphincter s’ouvre, ce qui permet
aux urines de s’écouler. La dyssynergie (la vessie se contracte
contre un sphincter qui ne s’ouvre pas), associée à
l’hyperactivité vésicale (la vessie se contracte souvent et de
façon importante), est à l’origine des « régimes à haute
pression » particulièrement dangereux pour les reins. Cette
dyssynergie entraîne également des difficultés de vidange complète
de la vessie.
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Perte du contrôle volontaire de la miction : le déclenchement
ou le retardement d’une miction sont impossibles ou difficiles.
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| b)
Les conséquences de ces modifications du fonctionnement vésico-sphinctérien
sont de plusieurs ordres : |
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reflux
vésico-rénal droit |
Complications urologiques :
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Modifications morphologiques de la vessie qui peut devenir
diverticulaire, petite et scléreuse
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Apparition d’un reflux-vésico-rénal
à cause du régime à hautes pression : les urines sous
pression « forcent » les orifices urétéraux et
font remonter les urines dans les reins. Ce reflux peut lui même se
compliquer d’une dilatation rénale qui peut aboutir à des lésions sévères, voire à une insuffisance rénale.
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Complications infectieuses :
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Infections urinaires basses (cystites)
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Infections urinaires hautes (pyélonéphrites= infection du
rein lui-même)
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Infections génitales : prostate (prostatite),
testicules (orchites)…. |
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Complications
génito-sexuelles :
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Les prostatites et les orchites peuvent aboutir à une stérilité
secondaire chez l’homme.
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Les déséquilibres vésico-sphinctériens rendent plus difficile la
prise en charge des troubles de l’érection et de l’éjaculation.
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Dr
Isabelle Laffont*, Dr Alain Cormerais**, Dr Célia Rech*, Pr Olivier
Dizien*
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Unité
de Médecine Physique et de Réadaptation, hôpital Raymond Poincaré,
92380 GARCHES ** CMPRF de Kerpape, 56275 Ploemeur Cedex
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